Eva Kling - Radio France Ici Touraine
Aux Trottes Loup, le QG de l'Association de tir sportif du Chinonais, 226 arquebusiers se sont rassemblés pendant le week-end de l'Ascension pour un concours de tir, d'un genre un peu spécial : ils n'utilisent que des armes datant d'avant le XXe siècle.
Depuis jeudi 29 mai 2025, les environs de Chinon résonnent au son des tirs. Les arquebusiers de France, une association regroupant les tireurs passionnés d'histoire, a organisé son rassemblement annuel aux Trottes Loup.
Emmanuel Bouton, capitaine de la section des arquebusiers du Costentin, est un réel passionné : sur son kapi gris, des enseignes militaires, qu'il collectionne, tout comme les armes. "Ici, il y aura 1100 tirs durant tout le week-end. Ce sont des tirs avec des répliques ou des armes d'origine, répartis en différentes épreuves." Des épreuves aux noms d'ingénieurs ayant marqué l'armurerie, ou des noms de batailles connues. "Il y a le tir à l'arme à poing, mais aussi les tirs à 100 mètres, qui se font couché" explique le capitaine.
Christian Chemin joue même le personnage jusqu'au bout : le capitaine de section est en costume des années 1750, à peu près la même époque que celle de son arme, un revolver. Perruque blanche, manches en dentelle et tricorne de capitaine, il a toute la panoplie, quitte à la salir. Les arquebusiers ne tirent qu'à la poudre noire, une poudre explosive qui tâche facilement. "À l'époque, ils tiraient dans ces habits d'apparat, car ils avaient un devoir de représentation envers leurs villes."
Christian représente lui aussi sa ville, celle de sa section : la compagnie royale de Corbeil. "C'est celle qui a repoussé le duc de Bourgogne en 1418 : sans elle, on parlerait anglais!"
670 arquebusiers de France
Jacques Clara est lui venu de Belgique pour participer au concours : il participe à autant d'épreuves qu'il n'a d'armes, c'est-à-dire 6. Des armes originales, mais aussi des répliques. Sa favorite ? "Ce revolver des années 1860, qui a fait la guerre de sécession aux Etats-Unis." Mais au-delà du concours, ce qu'il apprécie dans ce rassemblement, c'est "la convivialité."
Au pas de tir, Élodie s'apprête à tirer avec son pistolet. "Quand j'ai commencé le tir sportif à Chambéry, un arquebusier est venu nous montrer sa discipline. Alors j'ai été tout de suite attirée, j'ai acheté une arme puis des livres pour me renseigner." Ça fait un an qu'elle fait partie des 670 membres de l'association française des arquebusiers de France.
Le président de cette association, Marc Jouan, rappelle la genèse du rassemblement annuel : "ça nous permet de faire une assemblée générale, mais aussi de tenir au courant les adhérents : les réglementations de tir changent souvent. Alors, toujours au week-end de l'ascension, on invite tous les membres à se rencontrer, et à participer au concours. Cette année, c'est à Chinon, car c'est un des rares endroits où on a un espace assez grands pour accueillir tous les pas de tir des épreuves proposés."